Les agendas d’Adelita del Campo

Carlos Ramírez Carreras, fils d’Adelita del Campo et de Julián Antonio Ramírez, a déposé une grande partie des archives de ses parents à la Biblioteca valenciana Nicolas Primitiu (fonds AJARAC). Mais il a conservé quelques pièces, comme les agendas de sa mère, qu’Adelita del Campo a commencé dès la guerre d’Espagne jusqu’à sa mort en 1999.

L’historien Francisco Moreno Sáez a entrepris la transcription de ce très riche témoignage intime de la vie d’une exilée espagnole, qui note jour après jour à la fois ce qu’elle fait mais aussi ses sentiments et ses impressions.

Les années 1940 et 1941 sont manquantes, mais Francisco Moreno Sáez a déjà partagé la transcription des années 1942-1944 :

Josep Bartolí

Tous les dessins sont publiés dans le numéro 13/14 de la revue Exils et migrations ibériques aux XXe et XXIe siècles, avec l’aimable autorisation de Georges Bartolí (voir l’article de Cécile Vilvandre-Cañizares, « Les dessins de Josep Bartolí : une mise en scène poignante de la guerre et de la réalité des camps »).

Peintre, illustrateur, dessinateur, caricaturiste, Josep Bartolí, né à Barcelone en 1910, a aussi travaillé dans le domaine de la scénographie, des décors et des costumes pour le théâtre. Il s’initie très jeune à la caricature et au dessin de presse. À partir de 1933 il devient plus connu et ses dessins sont de plus en plus demandés.

Peu avant que n’éclate la Guerre Civile, avec Shum (de son vrai nom Alfons Vila i Franquesa) et Helios Gómez, il organise le SDP (Syndicat des Dessinateurs Professionnels). Dès le début du conflit, il rejoint le front d’Aragon dans les rangs de la colonne de Caritat Mercader. Il intègre ensuite le corps des commissaires de guerre.

Le 14 févier 1939, sa compagnie couvre la retraite des troupes républicaines vers la frontière française et la traversée du col de Lamanère. À partir de février 1939 il passe par sept camps d’internement français. Les dessins de ses cahiers, réalisés au crayon noir, sont un témoignage à vif d’une extrême intensité dramatique sur l’univers de dénuement et de souffrances de ces non-lieux.

C’est au Mexique, à partir de 1942, qu’il redécouvrira la couleur et la peinture auprès de Frida Kahlo et de Diego Rivera. La Chronologie Biographie du Catalogue de l’exposition Couleurs d’exil qui lui est actuellement consacrée au Mémorial de Rivesaltes, montre combien Josep Bartolí a toujours été attiré par le monde du théâtre.

Appartenant à une famille d’artistes et ayant baigné dans sa jeunesse dans le milieu de la musique et du spectacle, entre 1940 et 1942, avec son frère Joaquim, il collabore avec le célèbre costumier des musics-halls parisiens Max Weldy à un spectacle sur Marco Polo avec des maquettes et des dessins de costumes. Il poursuivra en tant que dessinateur de costumes et de décors dans de grandes firmes de cinéma au Mexique puis à Hollywood pour les studios de la MGM. À Mexico il réalise la scénographie de l’œuvre Cora i la magrana (Cora et la grenade) d’Agustí Bartra.

Infatigable voyageur, son œuvre de résistance est imprégnée de critique sociale et, partout où il ira, son œuvre artistique fera passer des messages plus particulièrement liés aux thèmes de l’oppression. Dans les années soixante, les grands conflits internationaux de l’époque conduisent Josep Bartolí à traiter à nouveau, par les mots et le graphisme, le thème de la guerre dans son livre Caliban, dont le titre est inspiré par le personnage de la pièce de Shakespeare La Tempête. Dans les années 70, il créera de grandes narrations avec des séries de peintures comme la toile Hotel con treinta habitaciones, ou le Proyecto de mural para un panteón, pièce gigantesque constituée de 112 peintures.

Mais comme le déclare, son neveu, George Bartoli, commissaire de l’exposition, « sa véritable signature, mis à part son nom, tient [aussi] dans sa capacité à synthétiser beaucoup de choses en un seul dessin ». (autrice : Cécile Vilvandre-Cañizares)

Dessin de Josep Bartolí Chasse à l’espagnol (Caza al español). Source : Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona Numéro de registre: 24910. Code de classification : AHCB3-235/5D.19
Dessin de Josep Bartolí, Ville occupée (Pueblo ocupado). 1936-1939. Source : Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona. Numéro de registre: 24904. Code de classification : AHCB3-235/5D.19
Dessin de Josep Bartolí Latrines (Letrinas). Source : Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona
Numéro de registre: 24924
Code de classification : AHCB3-235/5D.19
Dessin de Josep Bartolí, Passage en France (Pasaje a Francia). 1936-1939. Source : Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona. Numéro de registre: 24908. Code de classification : AHCB3-235/5D.19
Dessin de Josep Bartolí. Vie au camp (Vida en el campo). 1939-1944. Source : Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona. Numéro de registre: 24928. Code de classification : AHCB3-235/5D.19.

Dessin de Josep Bartolí Solidarité nationale (Solidaridad nacional), Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona
Numéro de registre: 24929. Code de classification : AHCB3-235/5D.19

Goya. Valor y símbolo del exilio republicano español

par Inmaculada REAL LÓPEZ

En el marco de la celebración del 275 aniversario del nacimiento de Goya abrimos la puerta al estudio de la relación existente entre el artista aragonés y el exilio republicano español. Se trata una perspectiva que aún quedaba por hacer pese al importante papel que este desempeñó durante la Guerra Civil y la diáspora. El punto de partida de este libro es el hallazgo de una obra de teatro inédita que aún permanecía olvidada, y cuyo protagonista principal es Goya. A raíz de esta localización nos planteamos cuánto hay de Goya en la España desterrada, aquellos apátridas que desde la distancia reivindicaron los valores de una cultura que les fue arrebatada. En la lucha por mantener viva la memoria y la identidad, se aferran a las grandes figuras del arte español, y es ahí donde Goya tiene un protagonismo especial, pues su figura y obra representa la esencia nacional de la patria perdida.

COLLOQUE Républicain.e.s espagnol.e.s exilé.e.s pendant la Seconde Guerre mondiale. Travail forcé et résistances. Rotspanier, 80 ans après

Le laboratoire HTCI de Université de la Bretagne Occidentale, en partenariat (entre autres) avec l’association Mémoire de l’Exil Républicain Espagnol dans le Finistère, MERE29 nous prépare un colloque international où participent des membres du CERMI : Ivan Lopez Cabello qui organise, Geneviève Dreyfus-Armand qui fait la conférence d’ouverture, présentée par Odette Martinez-Maler.

Un programme très alléchant, à ne pas manquer, d’autant que les conférences seront également diffusés en ligne sur le lien :

https://www.youtube.com/channel/UCVQf-gbC2lvJCCRhlpxhT_w

Quand ? Les 17, 18 et 19 mars 2022

Où ? A Brest , Faculté de Lettres et Sciences humaines Victor Segalen (salle B001), 20 rue Duquesne, Brest

L’exposition « Rotspanier » conçue par Peter Gaida et Antonio Muñoz Sanchez avec l’appui de l’association Ay Carmela Bordeaux et le soutien de la Foundation EVZ sera visible à l’abri Sadi Carnot à partir du 18 mars 2022 et jusqu’au 15 avril 2022

EXPOS sur l’exil républicain espagnol

L’Association 24 août 1944 et Les Territoires de la Mémoire (Liège) vous proposent
deux expositions photographiques sur l’exil républicain espagnol

https://exiles.territoires-memoire.be/

https://www.24-aout-1944.org/EXILES-des-resistants-de-la

EXILÉS, des résistants de la Retirada à aujourd’hui

Chemins de l’exil. Philippe Gaussot.

L’exode de 500.000 Espagnols passant les Pyrénées en Février 1939, plus connu aujourd’hui sous le nom de «Retirada », a été très documenté principalement par des photographes tels que Robert Capa ou Agusti Centelles ainsi que par de nombreux autres restés anonymes.

Le témoignage photographique de Philippe Gaussot, resté inédit jusqu’en 2019, porte un regard non seulement sur ce passage de la frontière mais aussi sur les conditions dramatiques de « l’accueil », quelque peu effacé, à même le sable des plages du Roussillon. Enfin ses pas, d’humanitaire, dirait-on aujourd’hui, l’ont mené à recueillir les regards et les visages des enfants basques et catalans accueillis, en l’occurrence par l’action du Comité National Catholique.

La sangre no es agua. Le sang n’est pas de l’eau. 

de Pierre Gonnord.

Le reportage photographique de Pierre Gonnord a été effectué en 2019. Pierre Gonnord s’est intéressé à ce qu’étaient devenus ces défenseurs de la Liberté, pour celles et ceux encore en vie mais aussi à leurs enfants.

Comment chez ces exilés, l’histoire familiale a charrié leur mémoire mêlée à la grande Histoire, qu’ont-ils fait de leurs expériences et quelle a été leur transmission ? Pierre Gonnord apporte une réponse.

Parce qu’il existe cette unité de temps, mais pas seulement, l’association 24 Aout 1944, une des porteuses de la mémoire des Républicains espagnols a voulu rassembler ces deux expositions. Celle de Philippe Gaussot nous ramène plus de 80 ans en arrière, celle de Pierre Gonnord nous laisse les traces, aujourd’hui, des derniers survivants et de celles et ceux qui ne sont plus.

Cette exposition sera accessible du 5 mars au 22 mai, avec plusieurs propositions d’animation (expositions, projections, débats, visites accompagnées…) consultez le programme sur : EXILES.TERRITOIRES-MEMOIRE.BE

– Une histoire encore si peu connue en Belgique et qui, pourtant, est très proche de nous.

– Ces expositions amènent le spectateur à réfléchir sur les exils aujourd’hui.  

– Visite animée sur la guerre d’Espagne adaptée à chaque public à partir de 15 ans à la demande

POUR ALLER PLUS LOIN 

– Rencontre – animation avec l’association « 24 août 1944 » possible, sur réservation, aux dates suivantes, heures à déterminer:  

– 31 mars, 01 avril, 02 avril 2022 

– 20, 21, 22, 23 avril 2022 

– Des activités seront organisées autour de ces deux expositions.

Pour en savoir plus, prenez-contact avec le service projets des Territoires de la Mémoire:

projets@territoires-memoire.be – 032 4 232 70 02.  

RÉSERVATIONS : 

reservation@citemiroir.be  

032 4 230 70 50 

DU 5 MARS AU 22 MAI 

PUBLICATION Poemas de ausencia y lejanía de Antonio Otero Seco

Les éditions Libros de la herida éditent pour la première fois les œuvres poétiques complètes du poète républicain Antonio Otero Seco, sous le titre suivant : Poemas de ausencia y lejanía. Né en Extremadure en 1905, engagé en faveur de la République, il prend le chemin de l’exil en 1947 pour fuir la répression franquiste.

La sélection des poèmes et l’appareil documentaire ont été réalisés par Edouard Pons, membre du CERMI,  Juan Manuel Bonet et  Antonio Otero San José, fils du poète.

Une tournée de présentations de l’ouvrage commence le 25 octobre à Cabeza de Buez (Badajoz), ville natale du poète et se termine le 30 octobre à la Feria del libro à Séville.

Edouard Pons a publié « Era España », un hommage à Antonio Otero Seco le 18 octobre dans la revue Contexto, que nous reproduisons ici intégralement :

“Era España”

Homenaje a Antonio Otero Seco, poeta republicano, rescatado del olvido

El poeta republicano Antonio Otero Seco (1905-1970), Libros de Herida

“Era España”, resumirían sus estudiantes en un escrito de homenaje, tras su muerte en 1970. “Con él, recorrimos los pueblos, aprendimos la tierra de España y el sabor de las naranjas de Orihuela”, decían de su profesor de civilización y literatura española en la universidad de Rennes, con el que habían descubierto a Unamuno, Machado, García Lorca, Hernández, Dalí, Buñuel y tantos otros.

Poco hablaba de él Antonio Otero Seco. Se sabía que ese “caballero triste y melancólico”, “bondadoso y retraído a la vez”, como lo recuerda su discípulo, el hispanista Jean François Botrel, era un exiliado republicano –“la encarnación de la España exiliada”, diría uno de sus alumnos. Algunos habían leído sus críticas literarias en Le Monde. Muy pocos conocían su considerable obra de poeta, dramaturgo, novelista, periodista.

Otero Seco, cuya poesía completa publica por primera vez la editorial Libros de la herida, bajo el título Poemas de ausencia y lejanía, nacido en 1905 en Cabeza del Buey, en Extremadura, comprometido desde el primer momento en la defensa de la República y perseguido por el régimen franquista, había tenido que exiliarse en 1947.

Vivió su destierro “rodeado de nostalgias, sitiado de recuerdos”, como decía, y murió en 1970 sin haber podido ver su obra publicada y sin haber vuelto a pisar esos pueblos a los que daba vida y alma en sus poemas de juventud. 

Luz, color, geometría, ritmo y movimiento, con perspectiva abierta al campo y al pasar del tiempo traducen entonces su alegría de compartir esa tierra, tan hondamente suya. La tierra, y su gente.

“Las casas son como espejos/ que hacen más oscuro el ocre /de los corrales. La cal/alterna con el adobe, /ajedrez de plano urbano/ donde disputan dos torres”, dice de Marchena.

En Álora, “Un niño rubio, descalzo, / perseguido por su sombra /rubrica el aire queriendo/ cazar una mariposa”.  En Málaga un acordeón marinero “tiene en la voz reuma y aguardiente matarratas”. En Marbella un niño mira la rueda del barquillero. “Con la ruleta giraba la bolita de sus sueños”, apunta Otero Seco.

Joven periodista, puso su pluma al servicio de la República en El Heraldo de Madrid, Estampa, La Voz, El Sol, Mundo Gráfico, entre otros. “Reportero de calle”, al estallar la guerra pasó a ser también “reportero de trincheras” y cronista de la vida y la resistencia en el “Madrid heroico”.

Su novela Gavroche en el parapeto –“medio reportaje, medio novela”, decía él;  la primera escrita sobre la guerra civil, en 1936– da la palabra a los “bravos luchadores por la democracia, la libertad y la emancipación de los eternos esclavos”, que bajo su pluma se hacen defensores de la primavera, la naturaleza, la vida, y mueren “con un mapa de España grabado en la pupila”. 

“La mañana es hermosa. De tibia primavera anticipada. Hay mucho sol, mucha alegría, en la naturaleza. Todo sonríe…Mañana de vida… ¡Qué alegres están los cielos y la tierra! … Los árboles son más bellos. Todo esta lleno de color y de vida”, escribe, relatando el inicio de un día de combates. Pero luego vendrán “las noches sin sueños, empapadas de los ruidos de la muerte” donde “no se oye más que la metralla por todos los lados”, los combatientes “llenos de fango y de sangre” y los muertos tirados boca abajo con los ojos llenos de tierra.Y cuando una bala enemiga atraviesa el corazón de un miliciano, “la sangre surge a borbotones como una furiosa floración de claveles”, y muere “con los brazos abiertos, abrazando a la tierra”. Sus compañeros le darán sepultura “junto a un olivo silvestre, entre la tierra roja, salpicada de flores”, no omite de precisar Otero Seco, como si esa tierra le devolviera el abrazo, lo arropara y lo fuera a mecer.

Arrestado el 9 de abril de 1939, acusado de “activísima campaña periodística contra el Movimiento Nacional y apología de la causa marxista” y condenado a 30 años de cárcel tras una parodia de juicio, fue recluido en la madrileña cárcel Diaz Porlier y luego en el penal de El Dueso (Santander). 

Sus poemas escritos en la cárcel son un desesperado intento de diálogo con sus compañeros de cautiverio condenados a muerte y fusilados: Pedro Luis, yuntero de Badajoz –“claro, limpio y sutil como la aurora”. “¿Hasta cuando/ este gotear constante de la sangre/ que el corazón de España está vaciando?”, le pregunta–  o Martin Manzano, alcalde de Móstoles –con “su serenidad de justo su sonrisa de niño”. “Mañana, cuando se oigan avanzar nuestros pasos/ tu estarás con nosotros porque sigues viviendo”, le dice.

Se dirige a su padre, de cuya muerte tardó en enterarse: “Estabas muerto y muerto y yo no lo sabía. / Cuando fui a buscarte/ la muerte era tu novia y yo no lo sabía”, a Miguel Hernández, su “compañero del alma”, “su inseparable”, con su grito al saber de su muerte: “¡No, que la canción se ha muerto!”, a María, su esposa, “Tu tan lejana y triste. Yo tan triste y lejano. / Tu tan próxima y clara. Yo tan claro y tan próximo. / Tu tan lejos, tan cerca… Al alcance furtivo/ de mi mano irreal, de mis labios de aire”.

Conmutada su pena en “prisión atenuada en su domicilio”, salió de la cárcel en 1941 para juntarse con su esposa y su hijo Antonio en un Madrid que definiría como “una cárcel con tranvías” en donde “el mundo se nos había arrugado y estrechado hasta convertirnos en una pequeña pelota”. Un trabajo de corredor en una empresa de perfumes le sirvió de cobertura para poder establecer contactos con los grupos de resistencia en todo el país. Las autoridades franquistas sin embargo lo sometían a una vigilancia y brutal hostigamiento constantes. 

“Varias veces al mes la policía venía a casa generalmente por la noche, a buscar a mi padre. Registraban todo el piso y devastaban la biblioteca buscando papeles. Se llevaban los libros que les daba la gana con el pretexto de que estaban prohibidos, pero existía un mercado negro de libros prohibidos en Madrid. Es probable que los vendieran”, recuerda su hijo Antonio.

Finalmente tuvo que optar por el exilio y pasó clandestinamente a Francia, en 1947.

Todo, a partir de entonces, se volvió ausencia y lejanía.

Se llevó con él toda la España que pudo, toda la memoria de lo que de ahora en adelante sería el “allí”, como una herida incurable. “Allí en España – ¡qué triste decir allí!”, le escribiría en 1959 a su amigo Antonio Salgado. En París, trabajó los primeros tiempos de peón, ebanista descargador, y todo lo que se presentaba, no en la miseria, decía, pero en una pobreza “pastueña, domesticada”, colaborando al mismo tiempo con “la emigración combatiente” y los órganos del gobierno republicano en el exilio. Fue igualmente traductor para varios organismos internacionales.

“Yo soy un exiliado sin amor ni camisa/ con los huesos pelados vestidos de horizonte… los cuáqueros me han dado el traje de otro hombre/ sin reparar que tengo un metro ochenta y uno”, escribe en su primer poema fuera de España, Dejadme

No es mera anécdota. Ese traje demasiado pequeño le significa que se ha convertido en un pelele al que visten sin siquiera mirarlo, en un número, un nadie, como “símbolo inútil de vivir en la muerte y morir en la vida”. 

Habrá que salir día tras día en búsqueda de una identidad perdida, reconstruir una historia que tenga sentido con los fragmentos salvados del desastre en una “lucha constante por encontrarse a sí mismo cada minuto del día”, como escribe entonces a su cuñado y amigo Antonio Piñeroba. “La vida es tan dura, tan llena de amargor diario, tan pródiga en ceniza”, le comenta.

Vida de desterrado que se le hace infierno como lo evoca en Mirada interior:

“Este sabor de náufrago, esta angustia de cielo …. / Este caer constante en abismos oscuros… Este mar… Esta ausencia de mar…esta agonía…/

Este rumor antiguo bogando por mis venas / Este sol… Esta sal… Esta luz… Esta presencia… / Esta ausencia… Esta voz… Este morir constante”.

Otero Seco vive la ausencia en lo más íntimo, como una sensación palpable. “Llevo tus guantes puestos, hermana madre mía /Cada malla en su trama es un minuto tuyo / como un eco pequeño de tus ojos cansados/…Mi mano en la distancia sigue sobre tu hombro/te oigo y te veo y te hablo”, escribe en el poema Madre. Y más adelante, cuando la muerte de su hermana Jacinta: “yo no puedo cerrártelos desde lejos / pero siento / la seda de tus parpados/ en el temblor de los dedos”.En 1952 es nombrado profesor en Rennes y en 1956 puede reunirse con su esposa y sus tres hijos, a los que las autoridades franquistas habían negado el pasaporte hasta entonces. “Al verlo tras nueve años de separación, sentí un cambio profundo. El exilio había cambiado su vida”, dice su hijo Antonio.

Sus múltiples colaboraciones en diarios y revistas de Latinoamérica, que más tarde ampliará como crítico literario en Le Monde, le permiten dar a conocer lo mejor de la literatura española contemporánea y adquirir reconocimiento. Pero aún así le escribe a su amigo Hermenegildo Casas, también exiliado: “Cada día tengo una nostalgia más aguda y más insoportable de España” y, todavía en 1959, le comentaría: “Yo, como tú, estoy triste. Nos falta el suelo –la tierra– y el cielo de España para ser felices”.

Pero a pesar de todo quiere creer en el futuro. “Mañana volveremos a estar sobre los mares / en los ríos que peinan su cola de caballo, / en las madres que vuelven a mostrar nuevas sendas / y en la rosa y el nido y en la cuna y la escuela”, escribe en el poema A los españoles muertos en el exilio. “Amigos: no habéis muerto. Ahora estamos nosotros / muertos por vuestra vida, vivos por vuestra muerte. / Alumbrad nuestra vida que siente la nostalgia / de vuestra muerte viva cabalgando en lo eterno”, agrega. 

Otero Seco recopiló parte de su “poesía de dolor personal y trágica solidaridad con los amigos muertos”, como la define el poeta y amigo Luis Amado Blanco, en lo que llamó una antología secreta, bajo el título España lejana y sola, que no llegó a publicar.

Cuando el 31 de marzo de 1969 el poder franquista publicó el decreto-ley sobre prescripción de los delitos derivados de la Guerra civil con anterioridad al 1 de abril de 1939, Otero pensó que por fin cumpliría su sueño de regresar a España y acudió esperanzado al consulado de España.  Allí le explicaron que el decreto no le concernía ya que sus delitos eran posteriores a esa fecha… 

Y como exiliado, desterrado, desarraigado falleció el 29 de diciembre de 1970. “Muerto de pena, muerto de angustia, muerto de España”, diría el escritor francés Jean Cassou.   

Edouard Pons

Les Républicains espagnols à Rivesaltes

Geneviève Dreyfus-Armand, présidente d’honneur du Cermi, vient de publier un nouvel ouvrage aux Editions Loubatières, dans la collection Récits et témoignages : Les Républicains espagnols à Rivesaltes : D’un camp à l’autre, leurs enfants témoignent – janvier 1941-novembre 1942.

À partir de janvier 1941, des familles de républicains espagnols arrivent au camp de Rivesaltes. Un camp de plus sur leur long parcours d’indésirables. Pendant toute l’existence du camp, les Espagnols représentent toujours plus de la moitié des effectifs des internés. Longtemps passé sous silence, cet enfermement de familles entières resurgit ici dans les mémoires et dans l’histoire. Si les hommes sont incorporés dans les groupements de travailleurs étrangers (GTE) mis en place par le régime de Vichy, femmes et enfants restent confinés dans ce lieu inhospitalier, glacial en hiver et torride en été, où règnent la promiscuité, l’insalubrité et la faim. Où la mort rôde, notamment autour des enfants les plus jeunes, malgré l’aide apportée par des œuvres d’assistance dépassées par l’ampleur de la tâche. Sur les chemins de l’exil depuis 1939, parfois depuis plus longtemps, ces familles espagnoles ont connu les aléas de centres d’hébergement répartis sur tout le territoire puis les camps lorsque ces refuges ferment. Ces femmes et ces enfants sont alors transférés à Rivesaltes, surtout lorsque le camp d’Argelès est évacué suite aux inondations de l’automne 1940. Si le camp de Rivesaltes n’est pas le premier pour les réfugiés espagnols, il n’est pas non plus le dernier, puisqu’ils seront pour beaucoup transférés à Gurs en novembre 1942. Certains connaissent ainsi de multiples camps entre 1939 et 1944, transférés sans cesse de l’un à l’autre. Douze témoignages émanant de cinq femmes et de sept hommes, nés entre 1924 et 1939, évoquent cet univers d’enfermement et d’arbitraire. Ils sont présentés, contextualisés et mis en perspective par une historienne spécialiste de l’exil républicain espagnol.

Geneviève Dreyfus-Armand aborde également ce sujet dans le dernier numéro de l’Histoire (décembre 2020) dans un article « 200000 réfugiés sur les plages ».

Edition numérique de CArtas de Republicanos Españoles REfugiados y EXILiados en FRancia (CAREXIL)

Le projet UPL CAREXIL-FR est un projet de recherche réalisé dans le cadre de l’Atelier de Romanités Numériques de l’Université Paris 8 (Laboratoire d’Études Romanes, EA 4385), en partenariat avec les Archives Nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) et le Centre de Recherches Ibériques et Ibéro-Américaines de l’Université Paris Nanterre (CRIIA, UR Études Romanes). Il se propose l’édition numérique et l’étude sociolinguistique et historique de lettres écrites par des réfugié-e-s espagnol-e-s interné-e-s dans des camps français à la fin de la guerre d’Espagne.

Inédites jusqu’à présent, ces lettres ont été écrites pour la plupart par des femmes, certaines aussi par des hommes, d’âge et d’origine diverses, et sont datées entre février 1939 et l’été 1940. Les lettres ont été conservées dans les archives de la CAEERF (Commission d’Aide aux Enfants Espagnols Réfugiés en France), organisation privée reconnue par les institutions françaises et espagnoles en exil, qui prêta un soutien actif aux réfugié-e-s espagnol-e-s, notamment en apportant de l’aide matérielle (habits, chaussures, nourriture) aux milliers de réfugié-e-s interné-e-s dans des camps de fortune.

Pour la grande majorité d’entre elles, ce sont des lettres d’appel à l’aide mais le fonds conserve également les réponses envoyées par la CAEERF et les lettres -en français et en anglais- échangées entre les membres de la CAEERF et les institutions françaises (préfets, maires des communes accueillant des réfugiées, collaborateurs divers…) et autres organisations internationales d’aide en France, en Suisse, en Grande-Bretagne…

Ce fonds inédit, actuellement conservé aux Archives Nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine), constitue par conséquent un matériel exceptionnel pour mieux connaître les conditions dans lesquelles se sont produits l’exil et l’accueil de milliers d’Espagnol-e-s en France. Il permet également de mieux connaître les réseaux de solidarité qui se mirent alors en place et de faire le jour sur l’implication dans ces réseaux de femmes françaises et espagnoles dont le rôle demeure aujourd’hui encore souvent méconnu. Il se prête, enfin, à une étude des répertoires linguistiques disponibles parmi les personnes réfugiées, représentatives d’amples secteurs de la société espagnole. L’édition numérique et l’annotation linguistique et historique du fonds visent en définitive à activer, à mieux connaître et à favoriser la diffusion d’un patrimoine de l’histoire européenne récente, tout en nous aidant à mieux comprendre les défis auxquels sont confrontées dans l’actualité les sociétés européennes.

Plateforme du projet : https://carexil.univ-paris8.fr

Contacts

  • Marta López Izquierdo : marta.li@univ-paris8.fr
  • Allison Taillot : ataillot@parisnanterre.fr

Répression, exodes, exils d’hier et d’aujourd’hui

Rencontres franco-espagnoles organisées par « Voix de l’extrême Poésie et culture » et « Voces del extremo » à Montpellier et Sète du 5 au 7 décembre prochain avec un beau programme de conférences, de récitals et d’expositions sur les camps en France et le camp de la Magdalena à Santander (Cantabrie). Geneviève Dreyfus-Armand, fondatrice et présidente d’honneur du CERMI et Anita Gonzalez-Raymond, membre du CERMI y contribueront.